Réaménagé il y a deux ans, le ruisseau de Mazayes, à Saint-Pierre-le-Chastel retrouve doucement une vie sauvage

Article LA MONTAGNE du 25/07/2021

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Fut un temps, d’immenses travaux furent entrepris pour transformer la nature et la mettre à la disposition des hommes et des activités humaines. De nos jours, le mouvement va en sens inverse. 

Vincent Jourdan tend le doigt et désigne un coin sombre dans l’eau. « Là, il y a des alevins », se réjouit-il. Cette scène est totalement anodine. Mais, sur le ruisseau de Mazayes, dans la traversée du marais de Saint-Pierre-le-Chastel, c’est quand même une petite victoire. Et le technicien rivière Contrat territorial Sioule ne s’y est pas trompé. C’est un signe que la vie revient.

Dans les années 1980 et 1990, le tracé de ce ruisseau a été rectifié. Il a été tracé droit comme un « i » pour faciliter l’exploitation des terres du marais. Mais au fil des années, la vase envahissant petit à petit le lit, la vie en avait disparu.

Espace naturel sensible

Ce marais étant classé en Espace naturel sensible (ENS), ainsi que le butte de Saint-Pierre-le-Chastel, une opération de reméandrage du cours d’eau est apparue comme incontournable aux yeux de la municipalité (qui gère l’ENS) et du contrat territorial Sioule. Le but, bien entendu, était de ramener de la vie dans ce milieu fragile en recréant une mosaïque d’habitats la plus diversifiée possible.

Visite du marais de Saint-Pierre-le-Chastel après les travaux de reméandrage du ruisseau de Mazayes. 

Les travaux ont été menés en 2019 sur plus de 800 mètres de linéaire. Les berges ont été reprises en prenant soin de multiplier les profils. Les méandres ont été tracés… Plusieurs mares ont également été creusées. La difficulté principale fut de maintenir un écoulement sur ce secteur ou la pente n’est que de 0,1 % ! La plus petite erreur aurait pu annuler tous les efforts.

Des impressions qui devront être confirmées

Plusieurs mois après le chantier, l’heure est à la satisfaction. Oui, la vie revient. « On voit des truites et des vairons dans le ruisseau. Il y a des herbiers qui se mettent en place. Les phalaris et les carex commencent à coloniser les berges. C’est intéressant. À mon avis, le plus gros changement se remarquera au niveau des amphibiens », estime Vincent Jourdan. Naturellement, ces impressions devront encore être confirmées par des études ultérieures, avec des inventaires et des suivis de qualité.

Pour observer ce retour à la vie du ruisseau, une passerelle traversant le marais a été réalisée par les employés communaux. La mairie souhaite faire découvrir le plus largement possible la vie de cet ENS.

Jean-Baptiste Ledys